Les Mystères

Généralités

On n’a jamais appris grand-chose sur les niveaux élevés de l’initiation des Mystères. En effet, les postulants s'engageaient à garder le secret sur l'enseignement ésotérique qu'ils recevaient au cours des cérémonies.
Le témoignage d’Apulée, dans le XI livre de Métamorphoses, est le plus précieux document sur les Mystères de toute la littérature ancienne.

L'époque hellénistique

Aux époques les plus anciennes en Grèce, les visions négatives des origines de l’homme et de sa vie sont très pessimistes. La vie est décidée par le Destin. La mort n’apporte rien, puisqu’elle conduit à une post-existence diminuée et humiliante dans les ténèbres souterraines de l’Hadès. Le bien accompli sur terre n’est pas récompensé, et le mal n’est pas puni (sauf offense aux dieux).
L'époque hellénistique (III - I siècles) apporte de grands changements dans cette vision.
Tout comme les nouvelles philosophies, les innovations propres aux religions hellénistiques visaient le salut de l’individu. Les Mystères se développent autour de divinités réputées pour avoir connu et vaincu la mort. Elles étaient plus proches de l’homme, s’intéressaient à son progrès spirituel et assuraient son salut. On y retrouve Dionysos, Isis, Osiris, Cybèle, Attis, Mithra, dans un syncrétisme gréco-oriental.
Ainsi la promesse du salut (et en premier lieu le salut individuel) constitue la nouveauté et la principale caractéristique des religions hellénistiques. Elle essaye d'exorciser la fatalité du Destin. En effet, l'existence des individus, aussi bien que la durée des cités et des états, sont non seulement solidaires mais déterminées par les étoiles. De nombreux textes liés aux Mystères ou à l'hermétisme assurent que les initiés ne sont plus prisonniers du Destin.

A l'exception du dyonysisme, tous les Mystères sont d'origine orientale : phrygienne (Cybèle et Attis), égyptienne (Isis et Osiris), phénicienne (Adonis), iranienne (Mithra).

Lors de l'initiation, le néophyte participait rituellement à un scénario liturgique articulé autour de la mort et de la résurrection de la divinité, ainsi qu'aux siennes propres. Les cérémonies de structure initiatique redécouvrent certains comportements archaïques et revalorisent nombre d'objets rituels désuets.

Dans les mystères de Mithra et d'Attis, on sacrifiait des taureaux et des béliers sur une fosse recouverte d'une grille : le sang dégouttait sur le myste placé au dessous.
Dans ces deux Mystères on retrouve le repas rituel, à forte valeur sacramentaire, qui consistait principalement en pain et en vin. Il conférait aux initiés la force et la sagesse en cette vie, et l'immortalité glorieuse dans l'autre.

L’empire

A partir du II siècle, les mystères sont en grande concurrence avec la tendance universaliste, ainsi qu’avec les religions monothéistes solaires.
Sous Théodose le Grand (379-395), le christianisme devient religion d’Etat, et le paganisme est définitivement interdit.
396 sonne la fin « officielle » du paganisme, lorsque Alaric, roi des Goths, incendie le sanctuaire d’Eleusis.

Les Mystères d'Eleusis

Le premier parmi les Mystères grecs.

Le mythe

L'hymne homérique à Déméter relate ce qui fonde les Mystère d'Eleusis.
Perséphone, fille de Déméter, est enlevée par Hadès car elle lui est promise en mariage par Zeus. Quand Déméter apprend la vérité, elle est furieuse et quitte l'Olympe.
Elle se déguise en vieille femme. Elle rejoint le service du roi d'Eleusis. Elle nourri le bébé de la reine. Elle le frotte d'ambroisie et le cache dans le feu la nuit pour le rendre immortel. Les humains s'en aperçoivent. La déesse se révèle alors dans toute sa splendeur, et on lui élève un temple « en dessous », où elle s'y retire.
Elle provoque une terrible sécheresse, et Zeus plie : Perséphone revient des Enfers, mais Hadès l'a forcée à avaler une semence de grenade, ce qui l'oblige à y revenir pendant 4 mois par an.
Après avoir retrouvé sa fille, Déméter accepte de revenir parmi les dieux, mais avant elle enseigne ses rites et tous ses Mystères à 4 humains.

Le mystère central implique la présence des deux déesses. Par l'initiation, la condition humaine est modifiée, pour acquérir une béatitude post-mortem très différente de la condition courante d'ombre triste et déchue.
Une divinité bienveillante, Perséphone, habitait temporairement le Royaume des Morts.

Cérémonies

Le sanctuaire a été inauguré vers -1300. Les Mystères y ont été célébré pendant 2000 ans. Ils ont eu une grande importance dans la vie religieuse panhellénique.
Il y avait les Petits Mystères, les rites des Grands Mystères (les télété), et l'expérience finale (epopteia). Les deux derniers n'ont jamais été révélés.
Les Petits Mystères étaient célébrés une fois par an au printemps pendant 8 jours, pour qui souhaitait y assister (et parlait le grec).
Les mystes ne formaient pas une « église ». C'était un système religieux qui complétait la religion olympienne. Le secret éleusinien est devenu un modèle exemplaire pour les autres cultes des Mystères.

Pour connaître le contenu des cérémonies secrètes, on se réfère aux allusions des auteurs antiques, ce qui reste très vague et incertain.
Le mot d'ordre des mystes (synthema) était : « J'ai jeûné ; j'ai bu le cycéon ; j'ai pris le panier et après l'avoir manié, j'ai déposé dans la corbeille, puis, reprenant de la corbeille, j'ai replacé dans le panier ».
L'épiphanie de Perséphone et la réunion avec sa mère devaient constituer l'épisode central de l'epopteia, et l'expérience religieuse décisive devait être justement suscitée par la présence des déesses.
Ces rites et cérémonies étaient solidaires d'une mystique agricole.

Les Mystères de Dionysos

La pièce les Bacchantes d’Euripide est le plus important document sur les cultes dionysiaques.

Le culte de Dionysos est attesté dans toute la Grèce, et attire toutes les couches sociales.
L'ivresse, l'érotisme, la fertilité universelle, les expériences inoubliables provoquées par l'arrivée des morts, la mania, l'immersion dans l'inconscient animal ou encore l'extase surgissent d'une même source : la présence du dieu.

Dionysos est un dieu plus proche des humains, et son contact permettait de surpasser la condition humaine.

Le mythe

On connaît trois naissances à Dionysos.
Il est le fils de Zeus et d'une humaine, Sélémé la Thébaine. Jalouse, Héra tend un piège Sélémé humaine : elle l’incite à demander à Zeus de le contempler dans sa vraie forme. Sélémé en meurt, accouchant avant terme. Zeus coud l'enfant dans sa cuisse, et après quelques mois, l'enfant vient au monde. Il est « deux fois né ». Né d'une mortelle, Dionysos n'appartient pas de droit au panthéon des Olympiens, il réussira cependant à s'y faire accepter.
Mais d’autres récits le disent fils de Perséphone la reine des Morts (ou élevé par elle). D’autres le disent fils de Déméter.

Il descend souvent aux Enfers aux côtés de Perséphone, et en remonte. Il est le dieu qui « va et vient », qui « monte et descend ». Il établi la jonction entre les deux mondes.
Dionysos est un dieu qui se montre soudainement, il est présent physiquement, et disparaît par la suite d'une manière mystérieuse. Cela reflète l'apparition de la vie et la mort, leur alternance et leur unité. Par ses épiphanies et ses occultations, il révèle le mystère et la sacralité de la conjugaison de la vie et de la mort.

Dionysos persécuté

Dionysos est un dieu mortel. Il est persécuté : tué par Persée, assassiné par les Titans, … Mais il est souvent défendu par les autres dieux.
Cette persécution pourrait exprimer l'opposition rencontrée par le culte dionysiaque, car il serait arrivé tardivement en Grèce. Mais cette opposition a une signification plus profonde : elle nous renseigne sur l'expérience religieuse dionysiaque et sur la structure spécifique du dieu. Il devait soulever résistance et persécution car l'expérience religieuse absolue qu'il suscitait menaçait tout un style d'existence et un univers de valeur.
Il semble être l’héritier d’une mythologie plus anciennes ou du moins de ses couches les plus archaïques que la Raison grecque a plus ou moins dévié ou occulté, ou plutôt regroupé dans ce dieu qualifié d’étranger, mais surtout étranger à la Cité. Pour H. Jeanmaire : « La mania avec tout son cortège de manifestations appartient au cycle de la Grande Mère qui, en Asie Mineure, puis en Grèce, prolonge le type d'une grande déesse égéenne dont les déesses helléniques ont reflété bien des aspects. »

Symboles

Dionysos est lié à des images de luminosité. Il est le dieu des torches. En même temps, il a un aspect sombre, nocturne, souterrain et chtonien. Sa symbolique abonde en oppositions binaires. Dionysos forme un circuit, une alternance entre ces contraires. Ses fêtes et rituels illustrent ce double aspect.

Dionysos est aussi associé à la végétation (le lierre et le pin sont ses attributs, ses fêtes les plus populaires s'inscrivent dans le calendrier agricole), mais aussi à toute autre forme de vie. Il est le dispensateur des générosités de la Nature, qui rappellent l’Age d’Or. C’est un dieu nourricier, dans une atmosphère d’insouciance et d’absence de travail. Il est lié à des triades féminines également dispensatrices d’abondance.
Dionysos est ainsi souvent représenté par un phallus, ou par un taureau, animal qui symbolise bien la violence de l’énergie qui parcoure la nature. Le pin de part sa croissance et le fait qu’il soit toujours vert aussi, de même le lierre qui s’accroche partout, s’étend et est particulièrement vivaces représente ces forces de vie. Il semblerait aussi que le lierre terrestre ait été consommé car à petite dose il serait hallucinogène. Le lierre rejoint la même symbolique que la vigne.

Il est souvent associé à l’eau, en particulier la mer et les lacs, car ils constituent des passages vers l’Hadès.

Les rites

On connaît 4 fêtes « publiques » à Athènes, dont Anthestéries la « fête des fleurs ». Ces fêtes avaient un caractère sinistre, morbide, et en même temps très festif, ludique, coloré, orgiastique. Le vin y était important. Un accouplement rituel avait lieu, entre une Reine et le Dieu symbolisé par un taureau. C’est le seul exemple de culte grec où un dieu s'unit à une reine. Les âmes des morts revenaient sur terre, pour assurer la fertilité. De nombreux miracles avaient lieux pendant ces fêtes.
L'euphorie et l'ivresse anticipent en quelque sorte la vie dans l'au-delà, qui ne ressemble plus à la triste version homérique.

Les rites nocturnes, frénétiques et sauvages, étaient tout autres. Ils étaient célébrés dans les forêts et les montagnes, loin des villes.
Une partie des pratiques rituelles consistaient à « déchirer avec les mains et les dents » et à « manger cru » la victime (végétal, animal, rarement humain). Les Bacchantes se considéraient comme changées en carnassier, et l’animal qu’elles tuent est déchiqueté et mangé. Elles sont possédées par le Dieu, hors d’elles. Cette victime était identifiée à Dionysos, elle était vue comme une incarnation du dieu. A travers son sacrifice, les mystes réalisaient la communion avec le dieu. Dionysos reçoit et est le sacrifice. Toutes les autres expériences surnaturelles étaient rendues possibles par l'enthousiasme, l'extase et l'identification avec le dieu.
Le fait d’être hors d’elles, possédées ou endormies signifie qu’elles voyagent en esprits. Dans Les Bacchantes, elles s’endorment après avoir consommées du vin, puis s’envolent comme des oiseaux avant de s’abattre sur leurs proies comme des carnassiers (souvent des félins…).

Ces frénésies, possessions du dieu, que l'on trouve toujours au centre des rituels dionysiaques, ont été assimilées à une sorte de folie (mania). Ce qui distingue cette folie des autres, c'est qu'elle était valorisée en tant qu'expérience religieuse : soit comme une punition, soit comme une faveur du dieu.
Dionysos semble être l’héritier de divinités initiatrices qui entraînent dans leur suite des individus qui d’une certaines manières deviennent le Dieu. Dionysos est d’ailleurs le Bacchant, il est à la fois l’auteur de la transe des ménades et lui même en proie à cette transe. Homère l’appelle Dionysos-le-fou. Mais il s’agit de la folie-possession, de la transe.

Toutes ces caractéristiques des rituels dionysiaques sont très archaïques, et peu de dieux ont conservés un héritage aussi ancien. Ces extases signifiaient la liberté et la spontanéité au delà des interdits classiques de la société et de la morale, ce qui explique en partie l'adhésion massive des femmes.
Le culte dionysiaque contient aussi des rituels classiques, de style prométhéen, et les images végétariennes sont tout de même largement majoritaires.

Dionysos-Zagreus

Héra envoie les Titans qui attirent l'enfant Dionysos-Zagreus avec des jouets (qui resteront mystiques : la toupie, le rhombe, les osselets et le miroir), le massacrent et le découpent en morceaux. Ils les font cuire dans un chaudron ou les consomment. Une déesse reçoit, ou sauve, le cœur. Elle le place dans un coffre. Informé, Zeus foudroie les Titans. Dionysos est ensuite ressuscité.

Zagreus signifie « grand chasseur », ce qui correspond au caractère sauvage et orgiastique de Dionysos. La cuisson et le démembrement rappellent les rituels initiatiques des chamans. Le crime des titans est donc un ancien scénario initiatique.

L'époque hellénistique

A l'époque hellénistique et romaine, Dionysos était le dieu le plus populaire. Son culte « public » avait été « purifié », en éliminant l'extase, et spiritualisé.

Ariane est le double féminin de son époux Dionysos. Ariane, celle du fil, celle qui connaît les secrets du labyrinthe et qui permet au héros d’affronter le Minotaure, mi-homme mi-taureau, et surtout de ressortir, initié donc, car revenu de l’Autre Monde. Comme Dionysos, elle est divine et mortelle. Elle symbolisait à cette époque l'âme humaine.
Il la rejoindra en Enfers après l’avoir faite tuée par Artémis, et il s'unira à elle. En d'autres termes, non seulement il délivre l'âme de la mort, mais il s'unit aussi à elle lors de noces mystiques. La béatitude d'outre-tombe est donc promise aux initiés.

Dionysos proclame la structure mystérieuse de son culte et explique la nécessité du secret initiatique. Les confréries dionysiaques avaient leurs propres cimetières. Les cultes, de préférence nocturnes, avaient lieu dans des grottes (parfois ?) et de nuit.

L'acte central de l'initiation était la présence divine rendue sensible par la musique et la danse. L'ostentation du phallus faisait partie des rituels. La sexualité et l'ivresse avaient une valeur sacramentaire.

Les Mystère d'Attis et Cybèle

La pierre noire dans laquelle Cybèle était rituellement présente témoigne de l'archaïsme du culte.
Cybèle a été introduite à Rome en 205, pour sauver la République gravement menacée par les armées carthaginoise. Les prêtres voués au culte de Cybèle s'appelaient les galles.

Selon divers mythes, Attis est à la fois le fils, l'amant et la victime de Cybèle. Selon la légende, Cybèle aurait trouvé l'enfant Attis sur les bords d'un fleuve. Il y est également question de la castration d’Attis.
Tout ceci illustre le « mystère » de la végétation : le sang et les organes sexuels offerts à Cybèle assuraient la fertilité de la Terre-Mère. Le dieu est « l'épis moissonné vert ».
L'automutilation des galles s'explique par : un don total à la divinité, une nostalgie d'une androgynie rituelle, augmenter sa réserve de « force sacrée », volonté de se sentir rejeté hors des structures traditionnelles de la société.

Les fêtes étaient célébrées à l'équinoxe de printemps, du 15 au 23 mars. Le 24 mars, le « jour du sang », les rituels devenaient frénétiques et extatiques, avec entaillages et flagellations. Certains néophytes amputaient leurs organes virils et les offraient en oblation à la déesse. Suivait ensuite une nuit de lamentation, puis le lendemain était le jour de la résurrection du dieu.
Pour l'initiation, des auteurs parlent d'un rituel remplaçant l'automutilation du myste. Le myste était sanctifié par le sang d'un taureau qui lui dégouttait dessus. Le taureau était saigné sur une grille au dessus d’une fosse où se trouvait le myste. Enfin, le myste offrait les organes génitaux de la victime à la déesse. Il était admis dans la « chambre nuptiale » ou « sous le baldaquin » en tant qu'époux mystique de Cybèle.
La phrase « J'ai mangé au tambourin ; j'ai bu à la cymbale ; j'ai porté le kernos ; je suis entré sous le baldaquin » servait aux initiés comme mot de passe. L'analogie avec le synthema d'Eleusis est évidente.

Le culte d'Attis et Cybèle rendait possible la redécouverte des valeurs religieuses de la sexualité, de la souffrance physique et du sang. Les transes délivraient de l'autorité des normes et des conventions : c'était une redécouverte de la liberté.

Ces mythes archaïques et sanglants sont la souche d'un culte sotériologique qui devint très populaire aux premiers siècles de l'ère chrétienne dans tout l'empire romain. Le syncrétisme religieux et philosophique sublima le couple Cybèle - Attis. Ce dernier fut assimilé au soleil et devint le centre de la théologie solaire très populaire vers la fin du paganisme. L'accent était mis sur l'immortalité et la résurrection.
Sous Claude et ses successeurs, Attis fut élevé au premier plan dans l'espoir d'arrêter l'essor du christianisme.

Isis et les Mystères égyptiens

Au –II siècle, Ptolémée Sôter décida de renforcer son règne à l’aide d’une divinité acceptée comme suprême par les égyptiens et les grecs. Sérapis fut élevé au rang de grand dieu national. C’est le prêtre égyptien Manéthon et le grec Timothée (initié à plusieurs Mystères) qui établirent la structure du culte de Sérapis, ainsi que des Mystères d’Isis (et d’Osiris).
Osiris, en tant que seul dieu égyptien à être mort et ressuscité, assimilé à Ré au Nouvel Empire, avait une popularité exceptionnelle. Certains rituels secrets osiriens, accomplis à l’intérieur des temples, se rapportaient à la vie future.

Les Mystères d’Isis comportaient des fêtes publiques, un culte quotidien et des rites secrets. Les fêtes d’Isis célébraient le démembrement et la reconstitution du corps d’Osiris.
L’initié subissait une expérience de mort et de résurrection, dont on ignore le contenu spécifique. Il descend dans les Enfers et en revient en traversant les 4 éléments cosmiques ; il voit le soleil rayonnant en pleine nuit ; il s’approche des dieux, les contemple et les adore de près. Le myste finit par se sentir identifié à Osiris-Rê : c’est l’individu vivant qui est divinisé, et non pas l’âme dans sa condition post-mortem. L’initiation se termine le troisième jour par un banquet rituel. 2 autres niveaux d’initiations sont ensuite possibles, dont on ne sait rien.
La descente aux Enfers du myste et son ascension sont des aspects spécifiquement grecs.

Le culte égyptien devint très populaire dans tout l’empire romain à partir du –I siècle, et au début de l’ère chrétienne. Certains traits de l’iconographie et de la mythologie de la Vierge Marie ont été empruntés à Isis.

Assimilé à Dionysos, Osiris illustrait admirablement la théologie néo-orphique : la cosmogonie conçue comme un autosacrifice de la divinité, comme la dispersion de l’Un dans le Multiple, suivie par la « résurrection », c'est-à-dire par le rassemblement du Multiple dans l’Unité primordiale.

Les Mystères de Mithra

Les documents littéraires sur les mystère mithriaques sont assez peu nombreux.

Dieu champion par excellence, Mithra est devenu le protecteur des Souverains parthes. Son culte ne comportait pas aucun rituel secret. C’est le seul dieu qui ne partage pas la destinée tragique des divinités à mystères. Il ne devait donc pas y avoir de mort rituelle initiatique.

La caverne jouait un rôle important dans ces Mystères, car Mithra serait né d’un rocher.
Lors de cérémonies, le roi était identifié à Mithra enfant : réincarné, né à nouveau. La nativité du dieu était célébrée le 25 décembre.

L’épisode mythologique essentiel comporte le vol d’un taureau par Mithra, et son sacrifice entrepris sous l’ordre du soleil. Mithra obéit à contrecœur, et du corps de la bête naît la végétation.
L’immolation du taureau a lieu dans la caverne, en présence de représentations Célestes (Soleil, Lune, planètes, vents, saisons, …). Mithra y est triplement représenté. Les liens de Mithra et Sol ne sont pas clairs (l’un servant l’autre, assimilation, …), mais leur amitié est scellée par un banquet où ils partagent la chair du taureau (modèle des repas rituels).
Ce mythe est étrange dans un contexte zoroastrien, et s’explique mieux du point de vue d’une religion agraire que d’un culte initiatique. Le sacrifice du bœuf pourrait anticiper le sacrifice opéré par Saoshyani de la Rénovation finale, et donc anticiper le salut du myste.

On connaît 7 grades d’initiation : Corbeau (corax, Mercure), Epousée (nymphusI, Vénus), Soldat (miles, Mars), Lion (leo, Jupiter), Perse (perses, Lune), Courrier du Soleil (heliodromus, Soleil), et Père (pater, Saturne). La communauté était divisée en 2 groupes : les « serviteurs » et les « participants » (les initiés à partir du grade leo).
La langue liturgique était le latin. Il n’y avait pas de rites orgiastiques ou monstrueux, et le corps sacerdotal se recrutait parmi les populations locales. Un conventicule acceptait au plus 100 membres. Ces mystes n’acceptaient pas les femmes.
Au final, cette société ressemble plus aux « sociétés d’hommes » indo-européennes qu’aux mystères traditionnels.

« Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaque ». Les Mystères de Mithra étaient en effet très populaires au III et IV siècle, dans tout l’empire romain. Le culte avait réussi à joindre l’héritage iranien au syncrétisme gréco-romain.
Religion des soldats par excellence, ce culte impressionnait les profanes par la discipline, la tempérance et la morale de ses membres. Sa diffusion suivait le mouvement des légions.
Plusieurs empereurs soutinrent le mithraïsme, jusqu’à Constantin en 312, ce qui marque le début du déclin inéluctable.

Les similarités avec le christianisme sont : le baptême et le signe sur le front ; le banquet rituel (eucharistie) ; la nativité du dieu le 25 décembre ; les croyances semblables sur la fin du monde, le jugement dernier et la résurrection des corps.