Mésopotamie

Sumer, aspects religieux

Généralités

A l’aube de son histoire, la religion sumérienne était déjà ancienne.

Les dieux sont des êtres célestes, ils rayonnent d’une grande lumière. Ils étaient anthropomorphiques, aussi bien physiquement que dans leur caractère et leurs actions. Liée aux divinités ouraniennes, la symbolique taureau–cornes a une grande importance.
Les dieux sumériens paraissent plus immergés dans la nature que ceux des babyloniens. Ils ont gardé à la fois plus de brutalité et de douceur, et un certain amoralisme. Chez les sémites, les dieux s’éloignent des forces naturelles.
On constate 3 sortes de divinités, qui trahissent un sentiment de communion intense avec la nature :

  • Les dieux correspondant aux diverses parties du monde (le ciel, la terre, les enfers).

  • Les divinités astrales (soleil, lune, étoiles).

  • Les forces de la nature (foudre, ouragan, et les dieux de la fécondité).

L’amour entre les dieux était la source de toute vie sur terre, et les poètes sumériens le décrivaient de façon très explicite. C’est évidemment Inanna qui inspire les images les plus érotiques.
Mais à l’image d’un souverain, la communication avec les plus grands dieux étant difficile, les sumériens préféraient s’adresser à des dieux plus proches, les dieux « personnels ».
A chaque nouvel an, les dieux fixent le sort des 12 prochains mois. Cette fête, à-ki-til, régénère le monde, le purge.
Les temples, imago mundi, sont très importants. Leur plan, comme celui des cités, est inspiré par les dieux aux souverains.

Les sumériens se souciaient peu de détails concrets, comme par exemple savoir comment les dieux descendaient dans leur statue et mangeaient les aliments qu’on leur offrait.

Cosmogonie et théogonie

Le propos essentiel des textes est l’exaltation et la glorification des dieux et de leurs exploits. Il n’y a aucun texte global racontant ni la cosmogonie ni la théogonie. Cette histoire doit être reconstituées par recoupement avec les indices contenus dans les divers textes retrouvés.
Cosmogonie et théogonie sont imbriquées. Il semble que c’est au court du III millénaire qu’une équipe de penseurs a mis au point la cosmologie sumérienne, qui fit autorité dans une grande partie du Proche-Orient ancien.

Nannu (la Mère, forme les eaux primordiales, on ne sait rien de sa naissance) donne naissance par parthénogenèse à la Montagne Cosmique. Celle-ci est constituée de An (masculin) et Ki (la Terre, féminin), qui sont encore mélangés à ce moment là. Ils donnent naissance (par union) à Enlil, qui séparera les parents. An part avec le ciel vers le haut, et Enlil avec sa mère la Terre vers le bas. L’union d’Enlil et de sa mère la Terre est à l’origine de l’univers organisé.

Anthropogonie

Il existe 4 récits très différents, il y a donc pluralité des traditions, mais quelque soient les détails, les hommes furent conçus pour servir les dieux. Dans un univers aussi fortement théocentrique, l’homme ne pouvait occuper qu’une place modeste.

Dans une version reprise plus tard dans le poème babylonien Enuma elish, l’homme fut formé du sang de deux dieux Lagma immolés.

On connaît aussi une version où l’homme est pétri dans de l’argile :
Les dieux ont du mal à se procurer leur nourriture. Pour faire face à ce problème, Enki, sous l’instruction de sa mère, fait pétrir les hommes, à l’image des dieux, dans de l’argile. Plus tard, lors d’une fête, les dieux sont ivres et Ninmah façonnent des individus anormaux (dont la femme stérile et l’être asexué).

Panthéon

Les penseurs ont dû baser leur réflexions sur les éléments qu’ils voyaient (les palais, l’organisation humaine, …) pour ensuite la transposer dans le ciel.
Ainsi les dieux sont hiérarchisés, en fonction de l’importance de leur rôle, et comme chez les humains ils ont un monarque.

Au III millénaires le panthéon comptait déjà plusieurs centaines de dieux.
Seuls les premiers dieux « cosmiques » sont vraiment considérés comme des dieux créateurs. Une multitude d’autres dieux, d’ordre secondaire, ont été créés afin d’être en charge d’un élément particulier de l’univers, de la marche du soleil jusqu’à de simples objets comme le moule à brique ou la charrue. Les sumériens les tenaient aussi pour les femmes, les enfants voir les domestiques des dieux principaux.

Les principaux dieux sont An, Enlil, Enki et la déesse Ninhursag.

Dès 2500, An, ancien dieu suprême, est déjà remplacé par Enlil. Son temple principal se situait à Uruk.

Enlil est la divinité la plus importante du panthéon sumérien. Il est bienfaisant, responsable du plan de l’univers. Il fait se lever le jour, prend les humains en pitié, et est lié à divers aspects de l’agriculture.

Enki est le troisième dieu principal. Dieu de l’eau, mais aussi de la sagesse, il s’occupe aussi des activités de la terre en accord avec Enlil.

Ninhursag, ou Ninmah, ou Ki, « la Dame majestueuse », est vue comme la mère de beaucoup de dieux, et de toutes les créatures vivantes. Mais elle perdit de son prestige.

Triades :

  • les grands dieux : An (le ciel, divinité principale mais n’est plus active), Enlil (dieu de l’atmosphère, actif), et Enki (Dieu de l’abîme, de l’océan (en sumérien de l’Apsu), seigneur de la Terre Dilmun, actif).

  • Les dieux planétaires : Nanna-Suen (la lune), Utu (le soleil) et Inanna (Déesse de l’étoile vénus et de l’amour).

Le problème du mal

Il n’existe pas de notion de pêché originel. Les sages enseignaient que les malheurs de l’homme sont le résultat de ses mauvaises actions, et que nul n’en est exempt. Dans les textes, il est précisé que les dieux préfèrent les vertus morales.

L’injustice de la vie, même envers les vertueux, entraîne des questions. Il y a une version sumérienne d’un « Job », antérieure de plus de 1000 ans à la version hébraïque. Il était riche, sage et juste. Il tomba dans la maladie, et la souffrance l’accabla. Il se présenta humblement devant son dieu, exhala sa douleur en prière, au lieu de blasphémer. Le dieu l’entendit finalement et le délivra de ses maux.

La mort

Après sa mort, l’homme n’est plus qu’une ombre impuissante errant dans les ténèbres lugubres des Enfers, où la vie n’est qu’un misérable reflet de la vie terrestre.
Ces enfers s’appellent Kur, c’est l’espace vide qui sépare l’écorce terrestre de la Mer primordiale. Les ombres des hommes y arrivent après avoir traversé un fleuve dans une barque, sous la conduite d’un homme.

Kur est peuplé des ombres humaines, mais aussi un certain nombre de divinités. Les ombres ne peuvent que rarement revenir de Kur : théoriquement tout être qui entre dans les Enfers ne peut en ressortir, homme ou dieux.
On connaît un texte d’un monarque, Ur-Nammu, descendu dans Kur. Il visite, rend des hommages, rencontre Gilgamesh devenu après sa mort un des juges des enfers.
Dans le récit « Gilgamesh, Enkidu et les Enfers », on trouve la liste de toutes les actions proscrites dans les Enfers. Voir aussi le mythe d’Inanna et Dumuzi.

Age d’or, age héroïque

Les sumériens ne croyaient pas en un futur meilleur que leur présent, mais plutôt à un passé radieux depuis très longtemps révolu.
L’humanité, avant d’être déchue, y connaissait l’abondance et la paix, et adorait Enlil. L’Age d’Or des premiers jours se situait à Dilmun. On n’y souffrait de nulle maladie, de nulle mort. Les humains y auraient parlé la même langue. La chute aurait été causée par la jalousie d’Enki.

L’apogée de l’age héroïque sumérien se situe dans le premier quart du III millénaire. Cet age héroïque est très similaire à celui des indo-européens, mais précède le plus ancien de ceux-ci de 500 ans. La littérature épique doit donc être originaire de Sumer. Quelques éléments stylistiques sont bien entendus différents, en particulier le rôle des femmes est négligeable dans la littérature sumérienne.
On connaît une dizaine de poèmes héroïques sumériens, concernant Enmerkar, Lugalbanda et Gilgamesh. Ils sont désignés respectivement comme le second, troisième et cinquième souverain de la première dynastie d’Uruk.

Mythes

Eridu est le lieu où vit Enki au sein de l’Abzu. Il y détient tout les lois divines (me). Inanna est allé y chercher les me de la civilisation pour sa cité Uruk.

Le déluge

Une unique tablette, correspondant seulement au tiers inférieur de l’original, a été retrouvée concernant l’origine sumérienne de l’épopée de Gilgamesh, qui est aussi la première version du Déluge des Hébreux.

Un début cosmologique nous apprend que 5 cités auraient existées avant le déluge. Enlil décida le déluge à cause du « vacarme des hommes ». Certains dieux s’y opposèrent.
Zisudra, un roi sage, pieu et modeste, craignant les dieux, est averti et inspiré de la construction de l’arche. Le déluge dure 6 jours et 6 nuits (ou 7 selon les versions).
Une fois le déluge passé, Zisudra recevra le « souffle éternel » des dieux et rejoint Dilmun.

Descente aux enfers, Inanna et Dumuzi

Voir Ishtar.

L’épopée de Gilgamesh

L’épopée de Gilgamesh, dans toute sa splendeur, date de l’époque babylonienne. Mais elle plonge ses sources dans des textes sumériens, dont elle puise certains passages.
Les textes sumériens clairement identifiés en tant que sources sont :

  • Gilgamesh et le Pays des Vivants

  • Gilgamesh et le Taureau céleste

  • Le Déluge

  • La Mort de Gilgamesh

  • Gilgamesh et Agga de Kish

  • Gilgamesh, Enkidu et les Enfers

Gilgamesh et le Pays des Vivants :
Gilgamesh veut laisser une trace dans le monde avant de mourir. Il veut aller au lointain « Pays des Vivants » pour en ramener les cèdres. Sur le conseil d’Enkidu, il demande et obtient l’appui d’Utu le dieu du soleil. Il part alors avec une troupe.
Le gardien du pays des vivants est le terrible monstre Huwawa. Il essaye vainement de mettre en fuite Gilgamesh, Enkidu et la troupe qui les accompagne. Gilgamesh abat des cèdres, puis se retrouve face à Huwawa. Le monstre est rempli de terreur et Utu demande à Gilgamesh de ne pas le tuer. Mais finalement, avec Enkidu, ils lui coupent la tête.

Gilgamesh et le Taureau céleste :
Inanna veut donner ses faveurs à Gilgamesh. Celui-ci refuse. Elle demande à An, le dieu du ciel, de mettre à sa disposition le Taureau céleste. Il refuse, mais Inanna le menace. An cède alors, et elle lâche le taureau contre Uruk.
La fin du texte est illisible.

La mort de Gilgamesh :
C’est un texte très incomplet.
Gilgamesh poursuit sa quête de l’immortalité, mais apprend qu’un homme ne peut pas l’acquérir. Pour sa part il obtient le pouvoir royal, et de pouvoir faire preuve d’héroïsme dans le combat.

Gilgamesh et Agga de Kish :
Ce texte n’a inspiré aucun passage dans l’épopée babylonienne. Il concerne les relations politiques entre Gilgamesh et Agga de Kish.

Gilgamesh, Enkidu et les Enfers :
Ce récit est traduit textuellement sur la XII tablette « additive » de l’épopée babylonienne de Gilgamesh.
Un arbre poussait au bord de l’Euphrate, et la nature l’attaqua un jour. Inanna le recueilli dans son jardin sacré et le soigna, en vue d’en faire son siège et son lit. Au moment de l’abattre, elle se rendit compte que l’arbre servait de refuge à divers êtres surnaturels. Inanna pleura, et Gilgamesh l’aida en faisant fuir ces squatteurs. Puis il abattit l’arbre et le donna à Inanna. Finalement elle en fit un tambourin. Gilgamesh s’en servit à mauvais escient et le tambourin, « à cause des plaintes des jeunes filles », fut jeté au fond des Enfers.
Enkidu se proposa d’aller chercher le tambourin. Gilgamesh le mit au courant des tabous concernant le Monde Infernal, mais Enkidu fit le contraire de ce qu’on lui avait dit et fut capturé par le monstre infernal Kur. Gilgamesh se plaignit auprès d’Enlil, puis d’Enki qui ordonna à Utu de percer un trou dans le toit des Enfers par lequel s’échappa l’ombre d’Enkidu. Gilgamesh lui posa alors une série de questions sur ce qu’il advient des ombres des humains aux Enfers.

Bataille contre des dragons

Il y a trois textes parlant de combats contre des dragons, dont 2 impliquent des dieux et le dernier Gilgamesh.

Dans le premier, le dragon Kur aurait enlevé Ereshkigal. Enki va l’affronter.

Dans le second texte, la geste du dieu Ninurta, le monstre est Asag, le démon de la maladie qui séjourne à Kur. Le héros Ninurta, le dieu du vent du sud. Une première bataille voit la retraite de Ninurta, à moitié vaincu. Mais il retourne au combat et défait Asag. Alors les Eaux primordiales, salées, montent et envahissent les terres. Ninurta endigue ces eaux avec un barrage.

Le troisième texte est « Gilgamesh et le Pays des Vivants ». Voir ci-dessus.

Évolution de la religion sous les Akkadiens

Les akkadiens conservent les structures religieuses sumériennes, ainsi que la langue en tant que langue littéraire et savante.
Parallèlement au mouvement syncrétiste menant les dieux vers l’unité, on assiste à un approfondissement de la notion même de Dieu. La religion prend plus d’importance, le caractère numineux des dieux s’accentue, la lumière est un attribut divin par excellence. La primauté religieuse est transférée à Babylone.
Même si l’anthropomorphisme de fut jamais totalement surmonté, il y a des efforts d’abstraction et le sentiment de l’inconnaissable. Les analogies se multiplient pour représenter les dieux ou parler d’eux.

La triade suprême devient Anu, Enlil et Ea (= Enki). La triade planétaire devient Sin (la lune), Shamash (le soleil, associé à la justice), et Ishtar.
Le monde inférieur est gouverné par Ereshkigal et son époux Nergal.
Marduk se substitue à Enlil et est le dieu « national » de Babylone.
Anu, Enlil et Ea perdent de leur suprématie, c’est Marduk, Ishtar et Shamash qui ont les faveurs des fidèles.

Les akkadiens inventent la divination : d’innombrables méthodes sont mises au point, l’astrologie un peu plus tard que les autres. Les disciplines magiques et occultes se multiplient.
Les analogies se développent, établissant de nombreuses correspondances entre le Ciel (le divin) et la Terre (le monde matériel). Exemple : un dieu associé à une planète, elle même associée à un métal, donc manipuler un objet de ce métal place sous la protection du dieu correspondant. Ces analogies permettent de lire des signes divins partout dans la nature, validant le système des divinations.

La pensée religieuse akkadienne met l’accent sur l’homme. Ce qui rapproche le plus l’homme des dieux est son esprit. (ilu, qui signifie aussi dieu).
La vision est pessimiste, même si les textes ne sont pas tous négatifs. Le « dialogue sur la misère humaine » (ou encore « Ecclésiaste babylonien ») illustre la réalité vécue : les méchants gagnent, les prières ne servent à rien, …

Enuma elish, le mythe de la création du monde

Au tout début, une totalité aquatique non différenciée, dans laquelle on distingue le premier couple, Apsu et Tiamat. Le mélange des eaux douces salées engendre Lakhmu et Lakhamu (qui seront sacrifiés pour créer l’humanité). Survient un troisième couple, Anshar et Kishar (en sumérien : « totalité des éléments supérieurs » et « totalité des éléments inférieurs »).
De ces totalités naît par union Anu, le ciel, qui lui même engendre Ea.

Les jeunes dieux dérangent Apsu qui se plaint à Tiamat, mais elle ne fait rien. Ea entend la plainte, et plonge Apsu dans le sommeil, le tue et devient dieux des Eaux.
Damkina, épouse d’Ea, engendre Marduk dans les eaux.
Anu reprend le combat contre les vieux dieux, mais Tiamat décide alors d’intervenir. Elle désigne pour la bataille Kingu, un ancien dieu, et lui donne la tablette des Destins. Les jeunes dieux prennent peur. Seul Marduk accepte le combat, à condition d’être proclamé dieu suprême, ce qui est accepté.
Marduk tue Tiamat et ravit la tablette des Destins. Il enchaîne les émissaires de Tiamat, puis coupe le cadavre de Tiamat en deux : une moitié devient le ciel, l’autre la terre. A partir des éléments du corps de Tiamat, il configure la terre.
Marduk décide la création de l’humanité, et tranche les veines de Kingu. Du sang qui s’écoule, Ea crée l’humanité.

Tiamat est présentée en une figure démoniaque pour exalter Marduk. La « primordialité » est source de créations négatives. L’assassinat d’Apsu ouvre une série de « meurtre créateurs ».
Le monde est un mélange de primordialité chaotique, de créativité et de sagesse divine. L’origine de l’homme est entachée d’une faute divine, ce dernier en garde forcément une impureté initiale.

Akitu, la fête du nouvel an, la sacralité du souverain

Cette fête se déroulait durant les 12 premiers jours du mois de Nisan. C’est la fête du nouvel an, répétition de la cosmogonie.

Ses principaux épisodes comprenaient : la captivité de Marduk, sa libération, des combat rituels et une procession triomphale (rassemblement des statues des dieux), un banquet, le hieros gamos du roi avec une prêtresse représentant la déesse, et enfin la détermination du destin par les dieux pour chaque mois de l’année.

Le roi personnifie Marduk, il subit un jour d’expiation pour symboliser l’emprisonnement. Le roi, considéré comme humain, est aussi le « fils de dieu ». Il est l’intermédiaire entre les hommes et les dieux. Il représente un dieu mais n’en est pas un.
Les rois incarnaient Dumuzi-Tammuz et rejouaient sa mort/descente aux enfers lors de la fête du nouvel an. C’est la mort rituelle régénératrice.

L’épopée de Gilgamesh

Une version sumérienne existe, mais c’est les akkadiens qui ont donné toute sa dimension à ce mythe. Sous la forme d’un cycle d’histoires, cette épopée représente l’œuvre la plus vaste retrouvée en Mésopotamie. Elle figure presque intégralement sur une série de 11 tablettes, plus une tablette additionnelle.

Gilgamesh est le fils de la déesse Ninsun et d’un mortel. Il est omniscient et grand constructeur, Roi d’Uruk, mais c’est également un tyran aux appétits sexuels rabelaisiens.
Le peuple se plaint aux dieux et ceux-ci créent Enkidu, brute sauvage façonnée dans l’argile, pour affronter Gilgamesh. Les dieux pensent que Gilgamesh a besoin de « trouver son maître ». Avant d’affronter Gilgamesh, Enkidu est « civilisé » par une courtisane d’Uruk. La sagesse y est le fruit de l’expérience sexuelle.
Gilgamesh est averti en songe de la venue d’Enkidu. Il sort victorieux de l’affrontement en se liant d’amitié à Enkidu. Les deux amis, inséparables, accomplissent toute une série d’exploits héroïques.
Puis ils se dirigent vers la lointaine et fabuleuse forêt de cèdres, gardées par Huwawa, être fabuleux et tout puissant. Ils l’abattent, après avoir coupé son cèdre sacré.
En rentrant à Uruk, Ishtar remarque Gilgamesh. Elle veut l’épouser mais il refuse. Ishtar implore Anu de créer le Taureau céleste pour vaincre Gilgamesh. Celui-ci et Enkidu réussissent à tuer le Taureau. Ishtar maudit le roi.
La même nuit Enkidu rêve qu’il est maudit par les dieux, et le lendemain il tombe malade pour mourir 12 jours après. Gilgamesh est désespéré. Terrorisé par l’idée de la mort, il veut alors conquérir l’immortalité.
Il traverse une série d’épreuves héroïques initiatiques, et finalement traverse les Eaux de la Mort (la mer primordiale) pour retrouver Utnapishtim, le sage du déluge. Après lui avoir raconté l’épisode du déluge, Utnapishtim lui donne une épreuve initiatique spirituelle : ne pas dormir pendant 6 jours et 7 nuits. Gilgamesh échoue.
Avant le départ de Gilgamesh, Utnapishtim lui révèle où se trouve la plante qui restitue la jeunesse. Gilgamesh va la chercher au fond de la mer, mais il se la fait voler par un serpent d’eau (la mue des serpents…). Nouvel échec, dû à son manque de sagesse.

C’est donc le récit d’initiations manquées. Mais il laisse sous entendre que l’immortalité est accessible aux hommes, sans l’aide des dieux, à travers une série d’épreuves initiatiques.

Le poème d’Enki et Ninhursag

Ce poème commence par décrire Dilmun, le pays de l’Age d’Or. Mais il manque l’eau douce à Dilmun, indispensable aux animaux et aux plantes.
Enki fait surgir l’eau douce, et Dilmun devient un jardin luxuriant. Enki s’unit à Ninhursag, la grande déesse-mère des sumériens, et elle engendre sans douleur trois générations de déesses, puis huit plantes.
Enki goûte ces plantes. Ninhursag, en colère, le maudit et le voue à la mort avant de s’en aller. Enlil dépéri, il ne peut rien faire. Un renard promet à Enlil de ramener Ninhursag contre récompense, ce qu’Enlil accepte.
Ninhursag revient et guérit Enki, en créant une divinité par maladie qui ronge son corps.

Parallèles avec la bible : Dilmun est assimilable au jardin d’Eden. L’enfantement originel y est sans douleur. La faute commise par Enki fait penser au pêché d’Adam et Eve.
De plus, l’une des parties malades de Enki est une côte, or les mots côte et vie sont désignés en sumérien par le même mot.

Le problème du Mal

Un diction dit : « La volonté d’un dieu est incompréhensible ; les voies d’un dieu sont inconnaissables. Tout ce qui touche à un dieu ne peut guère être expliqué ».

Le texte intitulé « je louerais le seigneur de sagesse » campe un homme devenu un véritable proscrit alors qu’il n’avait pas failli envers les dieux. Finalement Marduk le délivrera des maux qu’il lui avait infligés. Ce texte veut justifier la confiance en l’intervention divine qui finit toujours par rétribuer l’homme selon ses œuvres. L’intelligence humaine ne peut appréhender les rasons d’une volonté qui la dépasse.

Dans la Théodicée babylonienne, un juste et son ami discutent des les injustices de ce monde. Finalement l’ami admet que les malversations sont bien souvent en faveurs de ceux qui les commettent. Mais la possibilité d’une intervention divine n’est pas exclue.
Dans le Dialogue de pessimisme, un homme un homme affiche des positions, que son serviteur approuve en invoquant des raisons pertinentes. Puis l’homme change d’avis et prône le contraire, et son serviteur l’approuve de nouveau en invoquant d’autres raisons…

Mésopotamie, civilisation

Les documents écrits les plus anciens ont été retrouvés dans les ruines d’Uruk lors de fouilles en 1929-1931. Ils datent de -3000.

Système de pensée

La mentalité sumérienne était souvent aux antipodes de la pensée rationnelle. Ils ne s’embarrassaient pas de preuves ou d’arguments, ils faisaient plutôt appel à l’émotion. Leurs principales qualités n’étaient pas la logique ou la raison, mais la fantaisie et l’imagination.

Textes et littératures

Bien que la grande majorité des tablettes découvertes soient de type « administratif », on connaît plusieurs genres littéraires : mythes et contes épiques, hymnes et lamentations, essais et proverbes, fables animalières.

La lamentation est un genre littéraire inventé pour exprimer la tristesse devant les ravages fréquents et périodiques. Il se développa et fut plus ou moins à la mode, selon les périodes, avant de devenir un genre littéraire majeur. Ce genre était en effet bien accordé avec l’esprit pessimiste des sumériens.

Le genre littéraire historique n’existe pas chez les sumériens. On ne trouve pas de traité d’histoire, comme chez les hébreux ou les grecs. Les seuls textes historiques retrouvés forment la chronologie politique de la période majeure de Lagash. Mais ces textes mêlent l’histoire des hommes et celles des dieux.

Listes et abstraction

Les sumériens ne connaissent pas l’abstraction. Ils ne savent déduire une loi générale à partir de multiples exemples similaires. Leur puissance de raisonnement n’est pas en cause, c’est plutôt leur capacité d’induction qui paraît n’avoir pas atteint un degré de maturité suffisant.

Ainsi chaque problème mathématique a sa solution, sans qu’en soit déduit une formule générale ou un axiome. De même on trouve des tablettes portant des listes de formes grammaticales, mais sans une seule définition ni règle grammaticale. Les textes juridiques accumulent les lois, sans établir un seul principe juridique d’ordre général.

Ainsi, dans un soucis d’exhaustivité, ils établissaient des longues listes sensées couvrir toutes les possibilités, même les plus saugrenues.
De même les listes (scolaires ou non) de mots sont classées par catégories : animaux, plantes, etc. Ces compilations permettent de voir les remarquables connaissances en zoologie, botanique, géographie et minéralogie.

Verbe créateur et ME

La parole divine a un pouvoir créateur. Cette idée se répandra dans tout le Proche-Orient ancien. Elle a sûrement été inspirée des observations : un roi n’a qu’à ordonner pour que les choses se fassent.

Les hymnes sumériens font constamment allusion à la notion de ME, mot et concept sumériens que les babyloniens n’ont pas bien assimilé, et qui peut être un peu rapproché des Idées platoniciennes.
Le ME serait l’archétype immuable, la règle qui constitue la racine de l’existence des êtres et des activités créées, et qui les dirige dans leur développement, en en fixant la nature et le fonctionnement. Ce sont des puissances divines abstraites.
Des ME président en particulier le devenir des hommes et de sa civilisation. Une liste des ME définissant la civilisation est même établie dans un mythe relatif à Inanna.

Chez les babyloniens, il était possible de décomposer un idéogramme en ses éléments fondamentaux et de chercher pour chacun d’eux une équivalence sumérienne. Ils ont multiplié ces équations qui révélaient des significations insoupçonnées. C’était une discipline ésotérique.

Politique et éducation

Citées-états

Les villes étaient de véritables Citées-états, et rivalisaient pour l’hégémonie. 5 cités étaient sensées exister avant le déluge, dont :

  • Kish est l’une des plus importantes, elle aurait reçu du Ciel la royauté juste après le déluge.

  • Uruk, dont Gilgamesh fut le roi.

  • Lagash, qui joua un rôle prédominant vers -2500.

  • Shuruppak, dont on a retrouvé des restes datant de la première moitié du III millénaire.

Gouvernement

Les premiers souverains de Sumer, dès les années -3000, consultaient leurs citoyens les plus notables sur les décisions importantes.
Un texte parle d’un parlement qui était constitué de 2 chambres : un sénat, ou Assemblée des Anciens, et une Chambre basse constituée par tous les citoyens en état de porter les armes.

Lois et justice

La loi et la justice imprégnaient toute la vie sumérienne. Les sumériens prisaient fort la bonté, la vérité, la loi et l’ordre. Leurs rois se vantaient d’avoir fait régner de telles valeurs. Les lois manifestent le souci de faire régner une justice et un ordre voulus par les dieux et qui reflètent ceux du monde supérieur.
Cependant, dans la liste des me de la civilisation figurent aussi des aspects négatifs comme « Mensonge », « Désaccord », « Lamentation », … Les sumériens ne se demandent pas d’où vient ce mal, ni pourquoi, mais se contenteront de se lamenter, d’expier leurs fautes.

La stèle du code de Hammurabi, vers les -1800, contient un texte de près de 300 lois, plus un prologue glorieux et un épilogue chargé de malédictions pour les violateurs.
Cette stèle n’est pas unique, on a retrouvé des tablettes de documents législatifs similaires dans l’esprit. En particulier, la tablette d’Ur-Nammu, souverain fondateur de la III dynastie d’Ur, vers -2100.
Tous ces textes illustrent que la loi « œil pour œil, dent pour dent » était déjà dépassée, remplacée par un système d’amende.

Les lois reflètent une conception très générale de la vie morale. Dès le XVI siècle, on retrouve « Rends justice à ton ennemi, souris à ton adversaire ».
L’homme est cependant constamment dominé par les puissances supérieures. La sagesse est de reconnaître ses limites et de s’incliner devant la toute-puissance divine.
Le mythe de Gilgamesh illustre les (més)aventures d’un homme ayant voulu dépasser ces limites.

Il existe beaucoup de tablettes de proverbes, très longtemps avant les proverbes des hébreux. Ceux-ci ont un caractère universel : ils pourraient presque s’appliquer encore de nos jours.

Éducation

Le système scolaire s’épanouit vers les -2500. Les écoles enseignent l’écriture, forment les scribes administratifs, et dépendent probablement du Temple.
Elles devinrent petit à petit les foyers de la culture et du savoir mésopotamien, avec l’élargissement des disciplines enseignées, et prirent un caractère laïc. Le programme était chargé et la discipline de fer.

Les écoles étaient payantes et chères, donc accessibles uniquement aux fils des riches citoyens de la communauté. Il y eu très peu de femmes scribes, et elles n’ont joué aucun rôle important.

L’enseignement comportait 2 sections principales : instruction « scientifique » et mnémotechnique, et instruction littéraire et créatrice.
La première discipline tournait autour de l’apprentissage de l’écriture, en établissant des listes de mots à écrire. Lors de l’invasion akkadienne, des dictionnaires sumérien-akkadien ont été écrits.
La seconde discipline consistait à l’étude, la recopie et l’imitation des œuvres littéraires déjà existantes.

Sciences

Médecine

La médecine s’est dégagée assez tôt de la magie, et s’est constituée en science indépendante à côté d’elle. Les maladies étaient attribuées à la présence de démons malfaisant dans le corps des malades, la médecine s’occupait de soigner le corps.
La médecine était déjà fort avancée vers la fin du III millénaire : utilisation d’onguents et de filtrats, de nombreuses plantes, substances animales et minéraux.

Agriculture

C’est la base de l’économie sumérienne depuis bien avant le III millénaire. L’irrigation en est la clef. Les sumériens pratiquaient la culture des céréales, maraîchère, et il y avait de nombreux vergers. Ils plantaient de grands arbres afin de faire de l’ombre pour préserver les potagers.

Zoologie

Les animaux jouaient un grand rôle dans les écrits sapientiaux sumériens, avec en tête le chien, suivi du bœuf domestique, de l’âne, le renard, le cochon, le mouton domestique, le lion, le bœuf sauvage, etc.
Le renard est vu comme une créature vaniteuse mais lâche. Le chat est à peu près ignoré de la littérature sumérienne. L’âne est la principale bête de somme sumérienne, et était raillé pour sa lenteur et sa sottise. Le porc était comestible pour les sumériens.

Mathématiques

En mathématiques les babyloniens étaient très avancés, faisant preuve de recherches de sciences pures. On trouve des ouvrages mathématiques, comportant des problèmes pratiques et leurs solutions propres.

Il existait une astronomie distincte de l’astrologie.

Mésopotamie et Sumer, histoire

L’origine de la première peuplade sumérienne est inconnue. Le langage sumérien n’appartient à aucune famille linguistique. Mais un problème est de savoir si les sumériens étaient ou non les premiers habitant du pays.

L’histoire de la Mésopotamie semble se répéter : L’unité politique de Sumer et d’Akkad est détruite par des barbares de l’extérieur ; à leur tour, ces derniers sont renversés par des révoltes internes.

Les premiers habitant du pays de Sumer


On distingue deux périodes dans les premiers temps de la civilisation mésopotamienne : la civilisation d’Obeid, dont les vestiges se trouvent juste au dessus d’un sol vierge, et celle d’Uruk, dont les vestiges recouvrent la précédente.
La période d’Uruk se divise en deux, haute et basse. C’est de cette dernière dont datent les sceaux cylindriques et les premières tablettes d’argile. Les signes y sont pictographiques mais la langue semble être le sumérien.
La population de la basse époque serait donc sumérienne, mais les documents archéologiques ne donnent aucunes certitudes sur les époques antérieures.

L’age héroïque sumériens laisse supposer, par comparaison avec le mécanisme des ages héroïque indo-européen, qu’il succède à une période de migration d’un peuple tribal vers une civilisation supérieure mais mourante. La civilisation sumérienne serait alors le produit de la maturation de l’ancienne civilisation par ses nouveaux conquérants.

La période pré-sumérienne

Les tout premiers habitants de la période pré-sumérienne venaient du sud-ouest de l’Iran, selon la forme caractéristique de leur poterie peinte. C’était une civilisation agraire et villageoise.
Peu après cette première colonisation, des sémites de l’ouest s’infiltrèrent dans la région. La fusion de ces deux civilisations donna naissance à une civilisation urbaine. Elle englobait un certain nombre de cités qui se disputaient la suprématie.
L’unité a dû être atteinte à plusieurs reprises, et influencer les régions avoisinantes, formant historiquement le premier véritable empire du Proche-Orient. C’est au cours des expansions territoriales que les mésopotamiens entrèrent en contact avec les tribus sumériennes, primitives et probablement nomades. Ces derniers devaient venir des régions au-delà du Caucase ou de la Caspienne. Les premiers combats furent à l’avantage des mésopotamiens, puis les sumériens assimilèrent leur culture militaire, et lorsque l’empire mésopotamien s’affaibli et chancela, les sumériens l’envahirent et en devinrent maîtres, vers le dernier quart du IV millénaire.

L’arrivée des sumériens, la période basse d’Uruk

Il s’ensuivit une période de stagnation et régression consécutive à l’écroulement de la civilisation irano-sémitique et l’installation des hordes sumériennes. Cette époque de plusieurs siècles eu son point culminant à l’age héroïque. Pendant cette époque, les sumériens eurent aussi à faire face à des invasions d’un peuple sémite nomade, les Martus. Cette période vit la naissance des poèmes épiques.

Durant la période suivante, qui dura environ deux siècles et devait commencer vers le premier siècle du III millénaire, les sumériens sont solidement implantés. Le nom du Sumer est donné à la basse Mésopotamie. La loi et l’ordre s’installent.
L’essor créateur est exceptionnel. L’écriture est inventée. Une fois systématisée, elle est adoptée et adaptée par tous les peuples de cette partie du monde.

La dernière phase vit la poursuite des acquisitions matérielles et spirituelles, qui datent pour la plupart de la période précédente. L’écriture pictographique et idéographique devient purement phonétique. Les puissantes dynasties sumériennes émergent. C’est le second empire de l’histoire du Proche-Orient. Mais il fini par s’affaiblir et s’effrita.
Les sémites akkadiens, qui ne cessaient de s’infiltrer petit à petit, gagnaient en puissance jusqu’au moment où la « période sumérienne » prit fin avec le règne de Sargon le Grand.

L’arrivée des akkadiens

Les akkadiens sont des sémites venant de la Syrie, parlant l’akkadien. Ils s’installent à Sumer aux environs de -2400. Une symbiose entre les deux peuples s’opère.

Sargon est roi d’Akkad vers -2300. Son empire dura 1 siècle.

Le sumérien cessa d’être parlé vers -2000 mais resta la langue religieuse et liturgique. Vers -1500, l’époque créatrice de la pensée mésopotamienne est morte.

Inanna – Ishtar

Elle est appelée Inanna chez les sumériens, Ishtar chez les akkadiens et babyloniens, Astarté plus tard. Son activité cultuelle et mythologique n’a jamais été égalée par aucune autre déesse du Moyen-Orient.

A son apogée, elle est déesse de l’amour, de la procréation et de la guerre, et régit la vie et la mort. Elle a un aspect hermaphrodite (Ishtar barbata), comme beaucoup de déesse de ce type.

Version sumérienne

Inanna fait partie de la triade des dieux planétaires. Elle est la déesse de l’étoile Vénus et de l’amour. Elle est la déesse tutélaire D’Uruk (dans la bible, Erech). Le sanctuaire d’Inanna à Uruk s’appelle l’Eanna.
Elle est née d’Ishkur (en akkadien Adad), dieu de la pluie.

Mythe de la descente aux enfers

Inanna, déesse tutélaire d’Uruk, est l’épouse du berger Dumuzi, qui deviendra souverain de la cité. Les textes témoignent d’un grand amour, mais il y règne aussi un pressentiment d’un malheur à venir.

Inanna, souveraine du « Grand Royaume d’En Haut », décide de descendre aux Enfers pour supplanter sa sœur aînée Ereshkigal, souveraine du Monde Inférieur. Elle entre dans le palais d’Ereshkigal, traverse les Sept Portes et arrive nue, dénuée de tout pouvoir, devant sa sœur et les Sept Juges des Enfers (Anunnaki), qui la tuent. Les dieux sont informés, mais la récusent pour son acte. Enlil façonne et envoie cependant 2 messagers asexués aux Enfers, qui raniment Inanna avec le « breuvage de vie » et la « nourriture de vie ».
Obéissant à la loi qui dit que quiconque pénètre en Enfer ne peut revenir sur Terre, les Anunnaki ne la laissent pas partir. Inanna doit fournir un remplaçant. Elle revient sur terre, accompagnée de démons, et cherche ce remplaçant.
Après diverses recherches, elle trouve Dumuzi confortablement installé sur le trône de la cité et le désigne, par colère. Explication bien « humaine » qui cache un mystère de la mort rituelle du roi pour assurer la fertilité universelle.

Dans certains de ces textes, la mort de Dumuzi est due au simple fait qu’il s’est uni à une déesse. Il existe une version assez hard de cet épisode, et une autre où Dumuzi le berger est mis en concurrence avec un fermier, symbolisant la lutte entre les deux classes.
Dans la version akkadienne, Ishtar et Tammuz sont les personnages. Il y semble que Ishtar va aux Enfers après la mort de Tammuz pour ramener celui-ci. L’absence d’Ishtar stoppe toute reproduction, ce qui panique les dieux et les poussent à la libérer.

Rite du Mariage Sacré

Chaque année au nouvel an, le souverain était tenu « d’épouser » l’une des prêtresses d’Inanna, afin d’assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Ce fut sûrement tout d’abord un rite propre à Uruk, qui s’est ensuite généralisé vers la fin du III millénaire.
Le Roi remplace Dumuzi du mythe, et l’union avec la prêtresse représentante de la Déesse a lieu dans l’Eanna. L’ensemble des festivités est très joyeux et se déroule dans l’allégresse.
Voir le texte et la description des cérémonies, SNK003c21 et c25. Celles-ci ont considérablement évoluées au fil des temps.
Ces hymnes de mariage sacré ont pu influencer le Cantique des cantiques, qui présente de nombreux traits similaires.