Et l'homme créa les dieux

Index de l'article
Et l'homme créa les dieux
Fonctionnement Mental
A quoi ressemble le surnaturel
La religion, la morale et le malheur
La religion, les morts, la mort
Pourquoi les rituels ?
Les corporations religieuses
Pourquoi croit-on ?

La religion, les morts, la mort

Toutes les religions, ont quelque chose à dire à propos de la mort. Nombre de religions (parmi les anciennes) n’apportent aucune consolation, au contraire, sur le sujet de la mort. La survie post-mortem est très variée selon les traditions.

Les idées concernant la mort et les morts en général sont très vagues, mais les représentations des morts récents et de ce qu’ils peuvent faire aux vivants sont plus détaillées (long couloir, la lumière, une préparation à un long voyage, etc.).
Les religions, dans leur aspect pratique, traitent donc plus de ce qu’on doit faire du cadavre que des vrais problèmes philosophiques liés à la mort : les rituels concernent les cadavres.

Un caractéristique des rituels funéraires complexes est l’organisation de doubles funérailles. La première partie a lieu immédiatement après la mort ; elle a a voir avec la dangerosité du cadavre et se termine généralement par une mise en bière. La seconde partie, qui peut se dérouler des mois ou des années plus tare, est censée transformer le défunt en une entité plus stable, plus convenable et moins dangereuse. Ce double aspect rend ces rites similaires aux rites de passages.

Le malaise face aux cadavres

Les corps morts sont fortement liés à une notion d’impureté, de souillure et de contamination, ce qui est vrai d’un point de vue purement biologique. On observe la réaction classique face à un agent polluant éventuel, mais amplifiée.

Le cadavre est traité par les différents systèmes cognitifs gérant les relations sociales : le système de psychologie intuitive, le système de détection des êtres animés, le système de fichiers des personnes, le système de reconnaissance des visages, …
Cependant ces cadavres y induisent une dissociation : ils activent des inférences liées aux interactions sociales, en en contredisant certaines en même temps. Par exemple, on continue à parler à la personne morte, montrant que le système « fichier des personnes » est encore actif.
La culpabilité vient d‘une opposition entre les inférences nous incitant à nous débarrasser du corps, et notre fichier des personnes qui nous dit que la personne n’est pas encore absente.

Les cadavres sont donc remarquables dans ce qu’ils suscitent chez les humains, en dehors de toutes notions religieuses. Mais ils rendent certains concepts surnaturels pertinents, pour des raisons qui ont peu à voir avec un besoin de réconfort.



Mise à jour le Dimanche, 30 Mai 2010 17:27