La thèorie des mèmes

Mimétisme, mèmes et évolution

Introduction

Qu’est-ce qui fait de l’homme une espèce à part ? Son intelligence et sa conscience ont pu être évoquées comme réponse, avec tous les problèmes pratiques ou conceptuels qu’elles entraînent. La thèse de la mémétique est que la particularité humaine vient de sa capacité à imiter, capacité qui semble naturelle dès la naissance chez l’homme, alors qu’elle est extrêmement rare chez l’animal.

Le terme « mème » est apparut pour la première fois en 1976, dans le livre « Le Gène Egoïste » de Richard Dawkins. Il désigne un ensemble d’instructions pour exécuter un comportement, conservées dans des cerveaux (ou d’autres objets), et transmises par l’imitation. Le mème est une unité de transmission culturelle, une unité d’imitation.
En temps que réplicateur, sa propagation suit le principe de l’algorithme évolutionniste. Ainsi les mèmes se répandent sans discrimination, sans se soucier du fait qu’ils nous soient utiles, indifférents, ou effectivement nuisibles.
Un mèmeplexe est un groupement de mèmes évoluant conjointement. Leur association rend le groupe plus efficace, et profite à chacun de ses éléments.

L’algorithme évolutionniste

La théorie de l’évolution est en elle-même d’une grande simplicité, alors que ses résultats sont infiniment complexes. L’évolution suit un algorithme simple, qui décrit cependant un système chaotique.
L’algorithme évolutionniste généralisé se résume à trois étapes : variation, sélection, et rétention (hérédité). La rétention implique une problématique de fidélité et de longévité, la variation une imperfection dans la fécondité.
Il est important de faire la distinction entre les réplicateurs et leurs véhicules. Un réplicateur, c’est tout ce dont on fait des copies, y compris les réplicateurs actifs dont la nature affecte les chances d’être copiés à nouveau. Son véhicule, c’est l’entité qui interagit avec l’environnement.
L’évolution se sert de ses propres productions comme marchepied, pour avancer, pas forcément vers un mieux, mais vers un maximum local stable. S’il y a une progression, il n’y a pas de dessein suprême, d’aboutissement final ou d’architecte.
Gènes et mèmes sont deux types de réplicateurs, suivant l’algorithme évolutionniste, bien que les détails spécifiques du fonctionnement de chacun soient tout à fait différents.

Les conséquences de la présence d’un second réplicateur

L’intérêt de l’introduction d’un second réplicateur réside dans le fait que l’évolution qu’il induit n’est pas forcément en faveur du premier. Les mèmes ne vont donc pas forcément dans le sens des gènes et de l’avantage biologique. Un mème pourrait même se propager, alors qu’il nuit à ses véhicules. Des modèles mathématiques ont montré qu’un trait inadapté pouvait éliminer jusqu’à 50% de ses porteurs, et pourtant continuer à se répandre à travers une population.
L’évolution mémétique signifie que les êtres humains sont effectivement différents des autres animaux. Leur capacité à imiter crée un deuxième réplicateur, qui agit pour ses propres intérêts et qui est capable de produire un comportement mémétiquement adapté mais biologiquement inadapté.

L’exemple de la culture humaine

Les idées et les cultures évoluent. En termes mémétiques, tout ce qui se passe dans les domaines des sciences ou des arts relève de l’imitation sélective. Mais clairement l’évolution scientifique ne répond pas directement à un besoin vital ni génétique. Cette évolution peut même aller dans un sens néfaste aux êtres humains.
Le cas de l’apparition de l’agriculture et de sa propagation en est un exemple. En réalité, il semble que l’agriculture n’ait pas facilité la vie, ni même amélioré la nutrition ou réduit les maladies. Au lieu d’être plus facile, la vie des premiers agriculteurs était d’une misère absolue, si on se réfère aux restes retrouvés. En revanche, on a estimé que les chasseurs-cueilleurs contemporains ne passent pas plus de quinze heures par semaines à chasser, disposant donc d’un temps de loisirs considérable, et cela en dépit du fait qu’ils ont été poussés dans des environnements marginaux, bien plus pauvres que ceux où habitaient nos ancêtres présumés. Ainsi, si l’avantage génétique de l’agriculture est très discutable, on peut supposer qu’en matière de mème il devait en être autrement.
(Mais de quelle manière, je ne sais pas…)

Apprentissage et imitation

Certains comportement (rire, bâillement, …) sont très contagieux, mais ne sont pas des mèmes car ce sont des comportements innés.

Toute pensée n’est pas un mème. Plus particulièrement, les modes d’apprentissages ne procèdent pas tous par imitation. Il faut faire la nuance entre un apprentissage par tâtonnement expérimental ou « conditionnement opératoire » (ce dont beaucoup d’animaux sont capables), et l’apprentissage par l’imitation. Une grande partie de l’apprentissage humain relève du conditionnement opératoire.
L’apprentissage social est relativement proche de l’imitation, sans être la même chose. De nombreux animaux sont capables d’apprentissage social. L’imitation consiste à apprendre quelque chose sur la forme du comportement en observant d’autres individus, alors que l’apprentissage social consiste à apprendre quelque chose sur l’environnement en observant les autres.

A la différence de tout autre animal, dès notre plus jeune age nous imitons spontanément tout et n’importe quoi, en ayant même l’air d’y prendre plaisir. Des recherches récentes montrent que les nouveaux nés commencent très tôt à imiter les expressions du visage et les gestes, qu’on les récompense ou pas. Pourtant, imiter est une action très complexe. Elle implique nécessairement : (a) des décision sur ce qui est à imiter, ou sur ce qu’on considère comme étant identique ou similaire, (b) des transformations complexes reliant un point de vue à un autre, et (c) la production d’actions corporelles correspondantes.

La course à la réplication

Les mèmes sont transmis par l’imitation, qui elle-même apporte un avantage génétique indéniable. Ce sont des réplicateurs qui tendent à se multiplier dès qu’ils en ont l’opportunité. Dès lors, l’introduction de ce second réplicateur va entraîner une course pour optimiser sa réplication.

Notre monde, et particulièrement l’époque moderne, est saturé d’informations. La compétition entre les mèmes y est très dure. Les mèmes qui ont affaire à la sexualité, la nourriture et le pouvoir appuient tous sur des « leviers » mémétiques puissants, à cause de l’importance primordiale qu’avaient ces sujets durant notre passé évolutionniste. Les mèmes efficaces seront donc en particulier ceux qui intéressent les gènes.
Voici quelques facteurs de propagation d’un mème : (a) le mème semble procurer des avantages (que ce soit vrai ou non) ; (b) le mème est particulièrement facile à imiter ; (c) le mème change l’environnement sélectif au détriment des mèmes rivaux.
La notion de « meilleur mème » est relative. D’un côté les meilleurs mèmes sont ceux qui se transmettent le mieux, de l’autre certains mèmes sont vraiment utiles biologiquement. Les heuristiques pour choisir les mèmes à copier ne peuvent que rester rudimentaires face à la complexité des possibilités, permettant aux mèmes de proliférer au-delà des compétences qui ne touchent qu’à la survie.
De nombreuses études psychologiques ont montré que les gens font des efforts pour réduire la dissonance cognitive entre des idées incompatibles, et qu’en règle générale on admire et imite la cohérence en tant que telle. Ce besoin de cohérence et le fait d’éviter la dissonance fournissent le contexte dans lequel les mèmes s’assemblent à l’intérieur des différentes personnes. Ainsi, des mèmes déjà présents au sein d’un individu peuvent énormément favoriser l’adoption de certains autres mèmes en cohérence avec les premiers, ou le rejet d’autres mèmes en opposition.

S’arrêter de penser est une action difficile, car les mèmes à fort potentiel réplicateur ont tendance à envahir notre espace de réflexion. Cette activité incessante du cerveau coûte des ressources énergétiques et ne semble pas justifiée dans l’intérêt biologique, mais sert l’intérêt des mèmes qui y résident. En effet, un mème qui tend à faire en sorte que son hôte le répète inlassablement s’en sortira mieux qu’un autre s’enterrant au fond de la mémoire.

La culture des médias

Les technologies de l’information sont des inventions techniques qui servent exclusivement à une meilleure transmission des mèmes. Les évolutions techniques apportent toujours une amélioration d’un des aspects de l’algorithme : qualité de la copie, diffusion, … Ces systèmes de réplication, par la force de la sélection et de la compétition, sont condamnés à s’améliorer sans cesse, dans le sens de l’efficacité pour l’algorithme évolutionniste.
Le langage fut une première invention, que l’écriture permit de fixer. Les écritures évoluèrent vers une plus grande facilité d’utilisation, puis survint l’imprimerie. Après la radio, puis la télévision, Internet représente un pas décisif pour les mèmes. Pour l’instant, Internet a besoin de l’homme, mais les progrès en intelligence artificielle peuvent laisser penser que ça ne sera pas le cas tout le temps.

Quelques problèmes et question au sujet des mèmes

Il est très difficile de définir l’unité d’un mème. Pour certains, cette raison suffit pour rejeter toute la théorie des mèmes. Cela dit, techniquement et concrètement, l’ADN présente des difficultés similaires. On peut définir les mèmes comme les plus petits éléments qui se répliquent eux-mêmes avec fiabilité et fécondité.

Nous ne connaissons pas le mécanisme pour copier et stocker les mèmes, mais nous ignorons toujours beaucoup d’aspects des mécanismes internes du cerveau.

Une question qui se pose est de savoir si le cerveau a les capacités de mémorisation et de réplication pour soutenir l’algorithme évolutionnisme des mèmes.
Un facteur qui améliore la qualité d’une réplication est un codage numérique, par rapport à un codage analogique par exemple (l’ADN est de type numérique).
Il y a différents modes de transmission : « copie le produit » ou « copie les instructions ». Dans l’univers biologique, les espèces sexuées fonctionnent en copiant les instructions l’ADN lui-même). Dans l’univers des mèmes, les deux processus sont utilisés (entendre un morceau de musique et le reproduire d’oreille, ou suivre la partition).

Le terme lamarckisme se réfère aujourd’hui au principe de l’héritage des caractéristiques acquises. On sait depuis quelques dizaines d’années que l’évolution biologique n’est pas lamarckienne, mais l’évolution mémétique peut l’être.

Sexualité et mémétique

Avantage biologique lié à l’imitation et sélection sexuelle

Au fur et à mesure que les nouvelles compétences se propagent, il devient de plus en plus important d’être capable de les acquérir pour rester dans la compétition pour la survie. L’imitation apporte donc un avantage biologique, car elle permet à moindre coût de profiter des découvertes des autres, en évitant le long et dangereux processus de la découverte. Ceci est d’autant plus vrai si l’environnement change rapidement. L’imitation est universelle, car elle permet d’acquérir tous les autres types de compétences.
Étant donné que les compétences copiées au départ sont utiles en termes biologiques, il est profitable aux individus à la fois de les copier et de s’accoupler avec les meilleurs imitateurs, ce qui favorise le développement des gènes optimisant l’imitation (cerveau imposant, aptitude au langage, …). Les mèmes changent l’environnement dans lequel les gènes sont sélectionnés, les forçant ainsi à construire des appareils de propagation de mèmes de plus en plus efficaces. Les gènes sont maintenant pilotés en partie par les mèmes, de plus en plus en fait.
Il y a donc deux réplicateurs qui pilotent l’évolution et la structure de nos corps, de nos cerveaux, et de notre comportement. Les mèmes sont à la fois les amis et les ennemis des gènes. Dès que l’imitation a surgi, trois nouveaux processus sont apparus. Premièrement, la sélection mémétique (c’est-à-dire la survie de quelques mèmes au détriment des autres). Deuxièmement, la sélection génétique en faveur de la capacité d’imiter de nouveaux mèmes (les meilleurs imitateurs des meilleurs imitateurs ont un succès plus élevé dans la reproduction). Troisièmement, la sélection génétique en faveur de l’accouplement avec les meilleurs imitateurs.

Quelques données de la sociobiologie

Dans 37 cultures humaines différentes, les hommes préfèrent des partenaires plus jeunes dont la proportion entre le tour de taille et le tour de hanches est basse, et les femmes en préfèrent des plus âgés. Les sondages et les études culturelles montrent que les hommes donnent toujours plus d’importance à la beauté physique de leur partenaire, alors que les femmes sont davantage impressionnées par la richesse et le statut social.
Culturellement, l’obsession pour la maigreur est plutôt exceptionnelle, mais la préférence pour les femmes aux tailles fines et aux hanches larges est apparemment une constante universelle. Chez les peuples à peau claire, la blondeur est un signe de jeunesse parce que les cheveux s’assombrissent avec l’âge, elle est donc appréciée. Les traits symétriques sont un signe de bonne santé parce que les maladies causent souvent des taches asymétriques.
Le fait que les hommes ne peuvent pas être sûr de leur descendance a entraîné de tous temps des mesures (très variées) pour limiter les possibilités pour les femmes de rencontrer d’autres hommes.

La sexualité dans le monde moderne

Nous sommes des produits de sélections passées dans des environnements du passé. Le comportement sexuel moderne est encore piloté par les gènes. Cependant, le comportement sexuel qui était optimal il y a 10 000 ans ne l’est plus dans notre monde moderne.
On sait que ’évolution conduit parfois à des comportements ou caractéristiques erronés, et qu’éliminer ces erreurs peut être très coûteux, plus coûteux que l’erreur elle-même. En est-il ainsi de nos comportements sexuels actuels ?
La théorie des mèmes propose autre chose. Bien que les gènes déterminent encore nos instincts et désirs les plus fondamentaux, qui à leur tour déterminent en partie quels mèmes auront du succès, ce sont désormais les mèmes qui nous dictent nos comportements, et ce de plus en plus.

Pour ne pas essayer d’imiter n’importe quoi, une bonne règle générale consiste à imiter ceux qui ont le plus de succès. Alors que les mèmes se propagent, les personnes les plus prospères seront celles capables d’acquérir les mèmes les plus importants du moment. Au final, la meilleure stratégie consiste à imiter le meilleur imitateur. Ainsi, s’accoupler avec les meilleurs imitateurs permet d’avoir des enfants susceptibles d’être également de bons imitateurs. La pression biologique pour une capacité à une meilleure imitation est donc de plus en plus importante.
La sélection sexuelle, pilotée par les mèmes, favorisera l’accouplement avec des mâles qui non seulement excellent dans l’imitation en général, mais excellent aussi dans l’imitation de tout ce qui se trouve être les mèmes préférés du moment. D’une manière générale, nous cherchons à nous accoupler avec les meilleurs imitateurs, les meilleurs propagateurs de mèmes, c'est-à-dire ceux ayant les meilleurs facultés d’adaptation.
De nos jours, les personnes les plus en vue sont les écrivains, artistes, journalistes, présentateurs, acteurs, musiciens, … L’attirance particulière pour ces catégories de personne avait déjà été mesurée, sans qu’on sache l’expliquer.

Transmissions verticale et horizontale

Beaucoup de mèmes sont transmis de parents à enfant : règle de vie en société, langue, religion. C’est une transmission verticale, parallèle aux gènes. En règle générale, cela signifie que ce qui bénéficie à l’un bénéficie aussi à l’autre : les mèmes qui auront le plus de succès sont ceux qui donnent le plus grand avantage génétique dans un environnement donné.
Exemples : les mèmes concernant les pratiques matrimoniales ; les mêmes pour les tabous sexuels, concernant des pratiques limitant la fécondité (homosexualité et masturbation masculines). Les religions favorisant un grand nombre d’enfant auront une meilleure propagation verticale.

Quand les mèmes sont transmis horizontalement, ils peuvent voyager tout à fait indépendamment des gènes, sans rapport avec l’intérêt génétique. Plus il y a de manières de propager les mèmes, et plus grande est leur rapidité, moins ils sont contraints par les besoins des gènes.
La vie industrielle moderne est un monde de transmissions horizontales, de part notre exposition massive aux autres et à l’information. La transmission horizontale est désormais tellement rapide qu’elle devance la transmission verticale.

La mémétique prétend que certains comportements se répandent uniquement parce qu’ils sont bons pour les mèmes, par exemple le célibat, la contraception et l’adoption, qui sont des aspects de la vie moderne lançant un défi particulier à la sociobiologie. Du point de vue mémétique, consacrer moins de temps aux gènes et plus à la transmission des mèmes est idéal. Dans le monde moderne, les mèmes ont pris le contrôle de bien des aspects de notre comportement sexuel, et l’ont mis au service de leur propre propagation.

Quelques exemples

Une hypothèse importante de notre théorie est que les femmes qui ont moins d’enfants copient davantage de mèmes. La vision d’une sexualité purement récréative est donc intéressante pour les mèmes. De même, une explication génétique du célibat n’est pas impossible (aider les porteurs de ses gènes dans un environnement hostile), mais il est certain que le célibat laisse du temps aux individus pour transmettre leurs mèmes.
Les recherches en psychologie sociale, dans le marketing et la publicité montrent que les gens se laissent plus souvent persuader par les personnes qu’ils perçoivent comme puissants ou célèbres. Or, si ces personnes font passer leur carrière avant leur vie de famille, il est logique que ce modèle se diffuse. On peut ainsi penser que plus une société a accès à l’information, plus son taux de natalité sera bas.
Du point de vue des gènes, l’adoption n’est qu’une erreur : les personnes stériles feraient mieux de s’occuper de leur propre fratrie. C’est pourtant une erreur excessivement coûteuse, contre laquelle l’évolution a déployé des stratégies. Mais du point de vue des mèmes, les bénéfices de l’adoption sont exactement les mêmes que ceux de la procréation : la diffusion verticale.

L’évolution conjointe des mèmes et des gènes

Le cerveau géant

En terme purement biologique, nous paraissons avoir un cerveau excédentaire par rapport aux besoins de notre survie, voir même handicapant pour notre santé.
Le cerveau consomme 20% de l’énergie du corps alors qu’il représente 2% de sa masse. Le cerveau coûte cher à construire, entouré qu’il est de matière graisseuse. Sa formation draine les ressources du bébé. Un gros volume crânien handicape les naissances, ce qui entraîne une forte mortalité tant pour les enfants que pour les mères. En conséquence, les bébés humains naissent beaucoup plus prématurément que chez les autres espèces, sinon leur tête serait tout simplement trop grosse pour passer (des hanches plus larges chez les femmes seraient trop fragiles). Ils sont donc très faibles durant les premiers mois de leur vie, et demandent donc beaucoup de soins.

Il est probable que le volume du cerveau commença à croître il y a environ deux millions et demi d’années, à peu près à la même époque, d’un point de vue archéologique, que les débuts des outils en pierre et la transition de l’australopithèque vers l’homo erectus. Cette augmentation massive se termina il y a 100 000 ans, avec une espèce dont le cerveau avait la taille qu’on connaît actuellement. Tout le processus a dû coûter très cher en terme d’énergie, d’adaptation, etc.
La croissance cervicale a surtout bénéficié au cortex préfrontal. Cette partie du cerveau ne traite pas directement d’informations venant de nos organes sensoriels, mais plutôt provenant d’autres zones du cerveau. Son rôle exact reste encore un mystère. Les zones du langage ont également évolué, les deux principales se trouvant chez la plupart des gens dans l’hémisphère droit.

Les théories pour expliquer ce développement extraordinaire du cerveau sont légions. La théorie mémétique propose que le tournant de notre évolution se situe au moment où nous avons commencé à nous imiter les uns les autres. Dès lors, les mèmes ont transformé l’environnement dans lequel les gènes sont sélectionnés, et la direction du changement a été déterminée par le résultat de la sélection mémétique. Il y a donc eu un compromis, un équilibre qui s’est fait entre les besoins des mèmes (un gros cerveau plus apte à la compétition entre mèmes) et les besoins génétiques. Le cerveau fut contraint à s’accroître bien plus rapidement, et à un coût bien plus élevé, que ce qu’on aurait prédit sur l’unique fondement de l’avantage biologique.
Toute cette théorie du cerveau géant piloté par les mèmes est bien évidemment soumise à la condition que le volume excédentaire de notre cerveau sert à l’imitation.

La sélection sexuelle fugitive est un phénomène intéressant. La sélection se base sur un élément inutile, comme par exemple les queues de paons, et une fois le processus enclenché, le caractère se développe jusqu’à l’extrême en dépit de toute logique. Le cerveau géant humain pourrait être un phénomène de sélection sexuelle fugitive.

Les origines du langage

Notre capacité linguistique est en grande partie innée. Pour autant que nous le sachions, aucune autre espèce ne possède un quelconque type de langue structurée grammaticalement, et n’est capable d’en apprendre.
L’acquisition du langage implique une évolution du cerveau, ainsi qu’une évolution biologique (contrôle de la respiration, contrôle cortical des muscles, …). Les changements évolutionnistes ayant rendu possible le langage moderne semblent s’être étirés sur une longue période de l’histoire des hominidés.
En elle-même, parler est une activité très coûteuse. La dépense d’énergie occasionnée par nos bavardages incessants est phénoménale. Selon certaines estimations, environ deux tiers de toutes les conversations sont accaparés par les sujets sociaux.
La structure du langage est très complexe, mais pourtant les enfants s’en emparent très facilement, sans apprentissage explicite.

Aucune explication concernant un avantage biologique au langage si grand qu’il justifie une telle dépense d’énergie n’est universellement reconnue. Une théorie voyait dans le langage un moyen de communiquer des informations relatives à la chasse, d’autres mettent l’accent sur le rôle social (le commérage, …) dans un but d’unification.
Ainsi, plusieurs questions se posent toujours : Pourquoi les humains ont-ils acquis le langage ? Comment l’avons-nous acquis ? Pourquoi l’utilisons nous autant ?
A priori les réponses formulées par les théories purement biologiques ne sont pas pleinement satisfaisantes. Qu’en est-il à propos des mèmes ?

La parole est évidemment un moyen pour les mèmes de se propager. Les mèmes nous poussent à parler : plus les gens sont bavards, et plus ils transmettent de mèmes. Leur idées sont alors adoptées, retransmises, ce qui au final donne un avantage sélectif aux bavards. En d’autres termes, la fonction du langage consiste à propager les mèmes. La pression pour l’amélioration du langage a permis de pousser les gènes dans la direction d’une restructuration du cerveau et de l’appareil vocal.
L’évolution conjointe des mèmes et des gènes suppose que les gens s’accouplaient de préférence avec les meilleurs propagateurs de mèmes, dans ce cas les personnes les plus éloquentes, ce qui rendrait les personnes très éloquentes extrêmement séduisantes d’un point de vue sexuel.

Parmi les langages, ceux, ceux qui divisent la parole en des unités sonores discrètes et faciles à copier ont une plus grande fidélité de diffusion. C’est un système quasi numérique. La grammaire améliore également la réplication, puisqu’elle établie des règles. L’invention de l’écriture est un moyen d’améliorer la longévité des mèmes.

Une théorie mémétique de l’altruisme

La psychologie évolutionniste, avec son principe de l’altruisme réciproque, explique que la générosité est une manière de se construire une bonne réputation au sein d’un groupe social. Mais il existe certains exemples d’altruisme « véritable » qui sont quelque peu problématique pour un altruisme réciproque purement génétique. De plus, il faudrait s’attendre à ce que les gens se vantent de leur philanthropie, ce qui souvent n’est pas le cas.

Une étude psychologique confirme l’idée que les gens sont plus facilement influencés et persuadés par les gens qu’ils aiment.
Si les gens sont altruistes, ils seront appréciés par les autres ; puisqu’ils sont appréciés, on les copie ; et puisqu’on les copie, leurs mèmes se propagent bien davantage que les mèmes des gens moins altruistes. Parmi les mèmes qui seront copiés, il y a ceux pour l’altruisme, mais aussi toute une série d’autres mèmes qui vont profiter du succès de l’altruisme.

L’altruisme est donc un excellent moyen d’augmenter ses relations sociales, et donc de devenir un meilleur propagateur pour ses mèmes, et en particulier des mèmes qui permettent d’améliorer les relations sociales. L’altruisme devient alors l’un des facteurs qui déterminent quels mèmes deviendront à la mode, avec quel(s) individu(s) s’accoupler.

Un acte d’altruisme piloté par les mèmes a le potentiel de diminuer l’aptitude génétique de son agent. En principe l’altruisme piloté par les mèmes devrait être capable de produire la générosité la plus pure et la plus désintéressée, le sacrifice de soi. L’altruisme mémétique pourrait-il déraper et échapper à tout contrôle ? Le mème de l’altruisme, s’il à tendance à se répandre, est tout de même coûteux en ressources. Il y a donc toujours des pressions, génétiques ou autres, pour agir à l’encontre de l’altruisme.

L’astuce de l’altruisme se base sur l’idée simple qu’un mème parvenant à investir une personne altruiste ou aimable est plus susceptible d’être copié qu’un mème qui investi un radin. Un mème qui confère à une personne une simple apparence de l’altruisme augmentera les chances que cette personne soit imitée, et qu’ainsi ce mème soit propagé, sans encourir un coût important. Nos conversations communes de tous les jours sont remplies de tels mèmes (politesse, …). Il n’est pas important que les mèmes imitant l’altruisme induisent des comportements responsables et efficaces, juste qu’ils en donnent l’impression. L’astuce de l’altruisme permet même d’assimiler les gens luttant contre le mèmeplexe comme des personnes négatives, méchantes.
L’astuce de l’altruisme est très efficace pour propager des mèmeplexes tels que les religions ou les idées politiques.

L’équivalent mémétique de la sélection de parentèle est « Sois bon envers tes parents culturels proches ». Le résultat de ce type d’altruisme, c’est que les gens sont bienveillants et généreux envers les membres du groupe, mais pas envers les gens extérieurs. Cela renforce le bien-être des membres du groupe et les rend ainsi plus susceptibles d’être imités, et de pouvoir transmettre leur vision des choses.

Exemples de mèmeplexes : croyances et religions

L’astuce de vérité consiste pour un mème à être vrai ou à faire croire qu’il est vrai, ce qui facilite sa diffusion. Certains mèmes peuvent faire croire qu’ils sont vrais, en prétendant qu’un complot œuvre contre eux.
De nombreux biais cognitifs peuvent alors s’appliquer.
Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_cognitive_biases

Mèmes du New Age

Le mèmeplexe extraterrestre

L’une des clés pour comprendre les expériences d’enlèvements par des extraterrestres est le phénomène de la paralysie du sommeil. Pendant le sommeil paradoxal, la plupart de nos muscles sont paralysés. Cette paralysie s’estompe normalement au réveil, mais parfois ce n’est pas le cas, et elle s’accompagne alors de sensations de bourdonnements dans les oreilles, de vibrations du corps ou du lit, d’être soulevé ou tiré, d’une présence extérieure, et d’une lumière flottante. L’excitation sexuelle du sommeil peut perdurer pendant la paralysie. Paniquer ne fait qu’aggraver le phénomène qui disparaît normalement en moins de 2 minutes. Si on n’a pas la moindre idée de ce qui se passe, l’expérience peut être terrifiante.

A d’autres époques, il existaient d’autres mèmeplexes pour donner un sens à cette expérience, mais de nos jours celui de l’enlèvement par les extraterrestres est très répandu. C’est un mèmeplexe très efficace, car il est très difficile de le tester, ce qui le protège de la démolition. Les rares preuves qui réfutent le mythe n’ont presque aucun effet sur les gens convaincu.
Le mèmeplexe « extraterrestre » a un énorme succès car : (a) il sert une fonction authentique en fournissant une explication pour une expérience traumatisante ; (b) ses idées sont séduisantes dans le contexte de la culture américaine ; (c) le mèmeplexe est promu par les médias : (d) l’idée est plus ou moins irréfutable, d’autant plus qu’elle est protégée par une théorie du complot plus ou moins crédible.

Le mèmeplexe des NDE

De même, les sensations liées aux expériences de mort rapprochée peuvent s’expliquer par des phénomènes cérébraux, déclenchés par un stress puissant. La charge émotionnelle est très forte, appelant une explication, ce qui est la fonction principale du mèmeplexe des NDE.

Le mèmeplexe des NDE utilise les astuces de vérité et d’altruisme. En effet, les personnes ayant frôlé la mort sont changés, se préoccupant beaucoup plus des autres. Parmi les personnes ayant fait des expériences de mort rapprochée, certaines sont heureuses de découvrir une explication rationnelle, mais beaucoup la rejettent.

Médecine parallèle

50% des américains font appels à des thérapies non-conformistes, dépensant plus de 13 milliards de dollars. Les médecines alternatives exploitent la peur : la peur de la douleur, de la maladie, et de la mort. Elles se servent d’une expérience humaine naturelle qui n’a pas d’explication pour la plupart des gens : l’expérience d’aller chez un thérapeute et de se sentir mieux après. La dissonance cognitive aide à se dire que si on a payé aussi cher, le traitement est efficace.

Religions

Les religions peuvent être vues comme des mèmeplexes luttant les uns contre les autres pour la suprématie. Les gens consacrent énormément de temps et d’argent aux religions, travaillant dur pour les propager. Certains y consacrent leur vie entière, au détriment direct de leurs gènes.

Les religions sont au service d’une fonction réelle. Elles fournissent des réponses à des questions de tout genre, aussi vieilles que l’humanité : d’où venons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Où allons-nous au moment de la mort ? Pourquoi le monde est-il rempli de souffrance ? Les religions peuvent avoir des aspects bénéfiques : intégration sociale, hygiène de vie, cohésion sociale, … Ces fonctions utiles permettent de transporter d’autres mèmes en contrebande.

L’astuce de Vérité est omniprésente dans les enseignements religieux. Une excellente stratégie consiste à dire que la foi n’a pas besoin de preuves. On mesure la spiritualité et la religiosité d’une personne à sa foi inébranlable, prête à croire des choses absolument impossibles sans poser la moindre question.
L’astuce de l’altruisme est utilisée à loisir. De nombreux croyants ont une réelle bonté, d’autres sont plus hypocrites. Cette hypocrisie trouve un champ fertile quand la bonté n’est pas seulement définie par un comportement bienveillant et altruiste, mais aussi par le respect de règles et d’obligations religieuses.
L’astuce de la beauté consiste à créer des œuvres à forte charge émotionnelle, qui donc auront du succès, et de les associer aux mèmes que l’on cherche à propager.

Les mèmes ont pu influencer les gènes de plusieurs manières, en particulier en accordant un statut prestigieux aux meilleurs croyants, favorisant ainsi les gènes qui prédisposent aux croyances religieuses. Les esprits et cerveaux humains ont été modelés pour être particulièrement réceptifs aux idées religieuses.
En effet, on sait actuellement que la religiosité comporte une composante héréditaire. Certaines particularités du cerveau font que des personnes sont plus sensibles aux croyances et expériences religieuses que d’autres. Par exemple, les personnes ayant des lobes temporels instables sont plus susceptibles de rapporter des expériences mystiques, paranormales et religieuses, et de croire à des pouvoirs surnaturels, que celles qui ont des lobes temporels stables.

Le succès des mèmes religieux a induit une meilleure réussite des mèmes qui poussent à l’organisation de la société en fonction de ces religions. Cela implique la prolifération de sociétés hautement organisées et stratifiées et de prêtres enseignant et maintenant la religion. Les mèmes religieux ont ainsi joué un rôle déterminant dans le développement des sociétés humaines.
Les religions prônant une vie après la mort meilleures s’assurent de jeunes guerriers prêts à se sacrifier plus volontiers, ce qui la rend plus facilement conquérante. Enfin, inciter à avoir un grand nombre d’enfant assure une transmission verticale abondante.

Dans notre société moderne à transmission horizontale massive de l’information, les astuces de la beauté, de la vérité et de l’altruisme sont mises à mal par les révélations qu’on peut découvrir tous les jours dans les médias. On peut donc penser que les religions vont devoir s’adapter à ces nouvelles conditions issues de la concurrence médiatique. A vrai dire les mutations ont déjà commencées.

Le mèmeplexe ultime

L’âme et le Moi

Aux Etats-Unis, 88% de la population croient en l’existence d’une âme, et il y en a 61% en Europe. En fait, la plupart des cultures intègrent à leurs croyances des notions d’âme ou d’esprit, et environ la moitié de ces cultures croient que l’âme peut être séparée du corps.

Qu’en est-il du Moi, dans le sens du centre de la personnalité ? On peut penser que pour les croyants, l’âme est le siège du Moi, mais pour les autres ?
On peut identifier le Moi avec tout le cerveau, ou même tout le corps. Comment un paquet de neurones vient à croire qu’il est effectivement un Moi conscient autonome ? Lesquels sont concernés ?
Une autre démarche consiste à identifier le Moi à la mémoire ou à la personnalité. Mais plus nous apprenons sur la personnalité et la mémoire, plus il devient évident qu’elles sont des fonctions inséparables d’un cerveau vivant. On en revient donc à lui.
Enfin, le Moi peut être défini en terme de relations sociales, mais ce n’est plus vraiment un Moi intérieur.
Biologiquement il n’y a pas de centre de ce Moi, de localisation précise. Nous avons cependant la sensation d’être à l’intérieur de notre corps.

Au final, on peut voir deux grande catégorie : (a) les théories du « Moi réel », considérant le Moi comme une entité persistante durant toute une vie, séparée du cerveau et du monde environnant, commandant notre corps ; (b) les théorie du « Moi illusoire », considérant le Moi comme un faisceau de pensées, sensations et expériences. L’illusion de continuité et d’autonomie est fournie par un récit raconté par le cerveau.
Si on se place du côté du Moi illusoire, quelle est la raison de cette illusion ? Rien qu’au niveau des gènes, des théories suggèrent qu’une vie sociale complexe rend nécessaire la présence d’un sens du Moi, pour faire les comptes des échanges et pour développer ce que les psychologues appellent désormais une « théorie de l’esprit », à savoir le fait de comprendre que les autres personnes ont des intentions, des croyances et des points de vue.
Mais pourquoi un aussi gros mensonge que celui du Moi ? Il devrait certainement être possible de comprendre son propre comportement sans avoir l’idée d’un Moi séparé et persistant qui n’existe pas. Les expériences neurobiologiques semblent montrer que notre conscience est une surcouche de notre corps, qui réagit avec un temps de retard par rapport à ce dernier. La conscience applique alors une sorte d’antidatation des évènements pour re-synchroniser les choses.
Le Moi complexe nous rend-il heureux ? Il semble que non. Beaucoup d’expériences de perte de la conscience de soi sont très agréables, et de nombreuses choses nous rendant malheureux sont liées au Moi. Enfin, les bonheurs liés au Moi sont en général très fugaces.

Le Moiplexe

Il semble que le Moi est un vaste mèmeplexe, peut-être le mèmeplexe le plus insidieux et persuasif de tous. Chaque Moi illusoire est une construction du monde mémétique dans lequel il rivalise avec succès. Chaque Moiplexe fait surgir une conscience humaine normale, basée sur l’idée erronée qu’il y a quelqu’un à l’intérieur tenant les rênes. Chacun de nous est donc un mèmeplexe massif qui tourne sur le mécanisme physique d’un corps et d’un cerveau humains – une machine à mèmes. Les Moiplexes sont des entités mémétiques puissantes affectant le comportement des gens qui les entretiennent, et de tous ceux avec qui ils entrent en contact.
Tout mème s’associant à cette idée du Moi, véhiculant une opinion qui semble personnelle par exemple, aura une meilleure chance de cohabiter avec le Moiplexe, tout en le renforçant.
Le Moi est un grand protecteur de mèmes, et plus est complexe la société mémétique dans laquelle une personne vit, plus il y a de mèmes qui luttent pour se mettre sous la protection d’un Moi. En conséquence, le bombardement mémétique continuel et croissant rend nos vies et nos Moi de plus en plus compliqués et stressés.

Le problème du libre arbitre est intrinsèquement lié à celui du Moi : c’est lui qui a le pouvoir ou non de décider. Il n’y a pas de libre arbitre s’il n’y a pas de Moi. Beaucoup de décisions que nous prenons sont régies par le Moiplexe, alors qu’il n’est nul besoin de lui. Les décisions peuvent être prises par notre corps, notre instinct, sans que le Moi parasite le processus.
Tous les espoirs et les désirs sont basés sur l’idée d’un Moi intérieur qu’il faut rendre heureux, et ce sont eux qui nourrissent le Moiplexe. Il faut alors refuser de s’impliquer. Sans Moi, il n’y a pas d’intérêt à espérer et à souhaiter qu’arrivent des choses à quelqu’un qui n’existe pas.
La destruction du Moiplexe permet des actions plus spontanées et plus appropriées. Laisser les décisions à elles-mêmes apporte un grand sentiment de liberté.

Les techniques classiques de méditation, qui permettent de stopper le fil des pensées, de se focaliser sur les sensations, de faire le vide, sont des méthodes pour éroder le Moiplexe. Certaines tradition dénoncent précisément l’illusion du Moi, et les moyens de lutter contre celui-ci. Apprendre à stopper les pensées, apprendre à faire attention à tout de façon égale, à être pleinement à l’instant présent, sont des moyens pour se débarrasser du Moiplexe.

On pourrait considérer une vie sans le Moiplexe. Nos gènes nous ont programmé pour un comportement moral altruiste réciproque, pour une vie en société. L’abandon du Moiplexe ne fera donc pas de nous des bêtes égoïstes et amorales. Il faut faire confiance à notre instinct.

Problème soulevé par Volute :
Cependant, nos gènes ont évolués conjointement avec les mèmes, ceux-ci étant responsables de la taille de notre cerveau, etc. Nos gènes sont donc calibrés pour fonctionner avec l’illusion du Moi, à moins que celle-ci n’ait surgit que très récemment dans notre histoire humaine. On peut donc craindre que l’abandon du Moi n’entraîne un déséquilibre de notre machine interne complexe.

Bibliographie

Susan Blackmore : « La théorie des mèmes : Pourquoi nous nous imitons les uns les autre ».